L’ensemble Chrysalis est un projet musical apparu récemment (janvier 2026) sur la scène de la musique ancienne en Belgique, mais les musiciens qui le composent ont noué depuis une vingtaine d’années des liens très étroits et mené à bien de nombreux programmes et concerts, qui les ont aguerris à leur métier, sous le vocable du Concert bourgeois.

Ce qui a valu la refondation de l’ensemble et de son objet artistique c’est l’élargissement de l’équipe, et surtout son désir de répondre aux attentes en perpétuelle évolution d’un public toujours plus avide de sensations et en quête de connexions avec les autres disciplines artistiques de notre XXIe siècle.

Cette nouvelle approche de la musique prend quelque peu ses distances par rapport à la musicologie. Elle y demeure attachée, comme toute démarche interprétative historiquement documentée qui se respecte, mais son ambition va désormais au-delà.

Son intention n’est plus muséologique, illustrative d’un propos théorique, elle ne vise plus l’exhaustivité encyclopédique, elle vise au coeur l’émotion, vécue et expérimentée sur la scène, elle s’adresse à un public qu’elle entend ébranler, ne pas laisser indemne, qu’elle bouscule, touche, pour établir un partage d’artistes à amateurs de musique, un échange de créateurs à citoyens du monde épris de musique et de culture.

 

HISTORIQUE

 

L’Ensemble Chrysalis est un ensemble belge de musique ancienne du XXIe siècle. Son approche historiquement informée s’ancre principalement dans le répertoire baroque occidental, tout en s’ouvrant à d’autres époques et à d’autres horizons musicaux. La formation réunit un ensemble de cordes en cinq parties (violons, violes et continuo) une soprano et un baryton. 

 

L’ensemble Chrysalis n’est pas né au douzième coup de minuit le 31 décembre 2025.  Il est l’aboutissement d’une longue gestation, de vingt années d’histoire, de vécu, d’expérimentations. Il achève la transformation d’un premier ensemble jadis baptisé Le Concert bourgeois !

 

Le Concert bourgeois s’est conçu dans l’effervescence d’un mémoire de fin d’étude au Conservatoire Royal de Mons, c’était il y a vingt ans, en 2005. Le travail se concentre alors sur l’oeuvre d’un compositeur montois du XVIIIe qui occupait une place significative dans un fonds d’archives (le Fonds Ste-Elisabeth) : Victor Mathurin. Les efforts se concentrent sur l’édition d’un Te Deum, exécuté en juin 2005 à grand renfort d’instrumentistes et de chanteurs, le tout placé sous la direction de Guy Van Waas. C’est le prétexte surtout à une étude approfondie du contexte historique et artistique de la production musicale hennuyère au siècle des Lumières. C’est aussi un indéniable plaisir à fouiner dans les bibliothèques et nombreux fonds d’archives musicales recélant encore d’innombrables trésors en fédération Wallonie-Bruxelles. La valorisation du patrimoine musical de nos régions s’inscrit ainsi dans l’ADN du Concert bourgeois dès la constitution du groupe. Mais cette production musicale locale, Le Concert bourgeois se fixe d’emblée pour mission de la mettre en perspective d’un contexte artistique et esthétique plus global, à l’échelle de l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles.

 

L’ensemble est baptisé Le Concert bourgeois en référence à une société de concerts montoise créée en 1759 sous le patronage d’Anne-Charlotte de Lorraine, à l’instar d’une société du même nom fondée à Bruxelles quelques années plus tôt.

Ce qui paraît une aubaine au premier chef, se révèle en vérité avec le temps un poids gênant. Le clin d’oeil au patronyme d’Ingrid Bourgeois, membre fondatrice de l’ensemble, aura finalement pour effet regrettable de faire passer l’ensemble comme étant vulgairement à sa botte, prétendu pêché d’orgueil qu’elle aura longtemps du mal à supporter, un tranchant double qui aura finalement raison de l’appellation du groupe, vingt ans plus tard.

 

Mais quelles vingt années ! Riches en aventures, en expériences, et en expérimentations tous azimuts. Nous aurons tâté de tous les répertoires, de tous les genres, dans des formations de toutes tailles !

Une formule de « Concerts au salon » : de mémorables moments de communion avec un public fidèle rassemblé autour des musiciens dans le cadre très intimiste d’habitations privées. Certaines formules purement instrumentales autour de thématiques telles « Les contrées germaniques fin XVIIe, « Mozart, l’eau du bain» ou encore « Le format A3 » consacré à l’écriture musicale tripartite de la renaissance au XXe siècle. D’autres formules avec voix, comme « L’opéra s’invite au salon » tissé d’airs publiés dans des périodiques musicaux de la seconde moitié du XVIIIe et arrangés à l’époque pour un accompagnement en trio à cordes et continuo. Sans parler du « Règne de Flore avec l’Hiver », cantate de Jean-Noël Hamal ressuscitée à l’Eté musical de Roisin.

Une série importante de concerts se donnent au coeur des églises, souvent avec choeurs (Voix au Chapitre – Aldo Platteau, Petit choeur du Hainaut – Yves Wuyts).

 

Le Concert bourgeois, fidèle à sa mission, fait découvrir à son public curieux les « Stellae » du sonégien Jean-Michel Cabau, dédiées chacune à un trait de la personnalité de la Vierge. Une musique à la saveur locale si particulière, inimitable, et à laquelle nous aurions été vraiment tristes de n’avoir pu goûter. A ces occasions sont programmées d’autres pièces du grand Mathurin, maître très apprécié des Montois en son temps : l’un de ses deux Magnificat notamment, dont un extrait concours en 2006 au titre de Tube de l’été !

Viennent ensuite des concerts à grand effectif, réquisitionnant orchestre et choeurs pour l’exécution de monuments du répertoire : Le Messie de Haendel, Harmonie Messe de Haydn… (Le Champeau – Bernard Coulon), le Magnificat de Bach (Terpsichore – Xavier Haag) etc.

 

Le Concert bourgeois a toujours eu présente à l’esprit la nécessité de questionner les limites du cadre, les traditions tenaces du concert classique. L’occasion s’est présentée notamment de se prêter à la créativité d’un danseur/chorégraphe (Martin Dewez) pour la scénographie d’un programme de musique hispanique, « Corps à Corps », où les musiciens et la chanteuse invitée (Anne-Hélène Moens) investissent la scène et deviennent eux-mêmes acteurs du spectacle.

 

Toute cette expérience acquise en 20 ans forge l’expertise musicale de notre ensemble Chrysalis et scelle notre ouverture résolue au Monde d’aujourd’hui, à la diversité de ses formes d’expression avec le maintien pour cap existentiel du partage de l’émotion avec un public toujours plus curieux et avide d’enchantement.

 

À l’image de la chrysalide, cocon fragile où s’opère la métamorphose, l’ensemble place la transfiguration musicale au cœur de son identité. Conçu comme un véritable laboratoire artistique, Chrysalis explore, recrée et réinvente les œuvres à partir d’une solide expertise de la musique ancienne. Questionnant l’interprétation, l’instrumentation et les codes du concert, l’ensemble poursuit avant tout un objectif essentiel : faire naître l’émotion et la partager avec le public d’aujourd’hui.

les musiciens

Cliquez sur les photos pour découvrir nos profils et CV 

Emmanuelle Laine

(alto, viole)

Ingrid bourgeois

(violon, alto)

Fabrice Holvoet

(théorbe, guitare)

Bénédicte Verbeek

(violon, alto)

Laurent Hulsbosch

(violon, alto)

les musiciens invités

Barbara Hünninger (basse de violon, viole de gambe) – Clémence Schiltz (violoncelle, basse de violon, viole de gambe) – Hervé Douchy (violoncelle, basse de violon) – Samuel Namotte (basse) – Guy Van Waas (orgue) – Vitor Barbero (orgue/clavecin)